Retour à l'accueil Accueil Plan du site Nous joindre Portail Québec - Ce lien externe s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre Recherche English Site du Ministre du Conseil Exécutif - Ce lien externe s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre
Menu Contenu
Secrétariat aux affaires autochtones
Accueil > Centre de presse > Communiqués > 1997 > Communiqué du 16 septembre 1997

Le ministre Guy Chevrette inaugure une exposition sur les nations autochtones du Québec en France

RENNES, le 16 septembre 1997 - Le ministre d'État des Ressources naturelles, ministre responsable du Développement des régions et ministre responsable des Affaires autochtones, monsieur Guy Chevrette, a procédé aujourd'hui à l'inauguration de l'exposition « LE QUÉBEC DES PREMIÈRES NATIONS » à Rennes, en France.

Organisée conjointement par le Musée de la civilisation de Québec et le Musée de Bretagne de Rennes, cette exposition sur les nations autochtones du Québec est la plus importante à être présentée en Europe. Voici le discours qu'a prononcé le ministre à l'occasion de l'inauguration de l'exposition:

« Mesdames, Messieurs,

C'est pour moi un grand plaisir et un honneur de représenter le gouvernement du Québec à l'inauguration officielle de cette exposition sur les Amérindiens et les Inuits du Québec.

À ma connaissance, c'est la plus importante exposition sur les Autochtones du Québec à se tenir en Europe. Je veux féliciter les autorités de la ville de Rennes et du Musée de Bretagne de leur initiative : ils ont relevé avec succès le défi que représente l'organisation d'un tel événement.

Plusieurs Autochtones du Québec, dont certains sont ici présents, y ont participé de façon importante. De plus, le Musée de la civilisation de Québec a été heureux d'y collaborer étroitement, de même que le Secrétariat aux affaires autochtones et le ministère québécois de la Culture et des Communications.

Les cultures autochtones

Mieux faire connaître les cultures autochtones, c'est contribuer à leur sauvegarde et à leur mise en valeur. C'est l'un des objectifs que poursuit le gouvernement du Québec car les cultures amérindiennes et la culture inuite sont d'une très grande richesse et constituent un apport distinctif et original à la société québécoise et à toutes les sociétés contemporaines. C'est parce qu'il en est bien conscient que le gouvernement du Québec soutient, dans toute la mesure du possible, les efforts des Autochtones en ce sens.

Chacune des onze nations autochtones du Québec possède diverses caractéristiques culturelles distinctes. C'est pourquoi il faut parler de plusieurs cultures autochtones. Au Québec, nous assistons, depuis quelques années, à un véritable phénomène de réappropriation de la culture par les Autochtones.

Au fil des siècles, les cultures autochtones ont évolué, bien sûr. Surtout au contact des cultures européennes apportées en terre d'Amérique à partir du 16e siècle. Mais toute culture possède un caractère dynamique et la disparition de certaines traditions ne signifie pas pour autant la disparition de la culture. L'Amérindien ou l'Inuit d'aujourd'hui, même s'il ne chasse plus ou s'il le fait avec des méthodes modernes, n'en demeure pas moins profondément autochtone.

La langue

L'une des manifestations culturelles qui témoigne le mieux de la vitalité de la culture d'un peuple c'est la langue. Or, la situation des langues autochtones au Québec est l'une des meilleures en Amérique du Nord. Sur les onze nations autochtones du Québec, huit ont conservé leur langue maternelle et la parlent tous les jours.

Les cultures autochtones sont essentiellement basées sur la tradition orale. Cela explique sans doute pourquoi la radio a obtenu la faveur des Autochtones, davantage que la presse écrite ou la télévision. Il y a 54 communautés autochtones au Québec et presque toutes ont leur poste de radio communautaire. Ces radios diffusent dans les langues autochtones. Le gouvernement du Québec encourage fortement cette forme d'expression, entre autres par un programme annuel de financement.

Les arts

Dans un autre domaine culturel, celui des arts, on constate actuellement, chez les Autochtones du Québec, une véritable effervescence. L'ampleur et la qualité de la production picturale, sculpturale, musicale, théâtrale et cinématographique sont la manifestation d'un remarquable dynamisme.

Des artistes amérindiens et inuits du Québec ont maintenant dépassé nos frontières pour se produire ici en Europe comme ailleurs dans le monde. Ainsi, peut-être avez-vous pu entendre les musiciens montagnais Florent Vollant et Claude McKenzie qui formaient le groupe Kashtin. Ou peut-être avez-vous eu la chance d'admirer les œuvres d'artistes peintres amérindiens comme Virginia Bordeleau et Glenna Matoush, deux Cries de l'Abitibi-Témiscamingue, ou Ernest Dominique, un Montagnais de la Côte-Nord du Saint-Laurent, dont les œuvres ont souvent été exposées au Québec et même ici, en France.

Le secteur des métiers d'art, dont la production d'objets d'artisanat, s'est également beaucoup transformé au cours des dernières années. Il s'agit maintenant d'une activité économique appréciable pour les Autochtones du Québec, principalement pour les femmes autochtones, plus nombreuses que les hommes à œuvrer dans ce domaine.

J'ai d'ailleurs eu l'occasion de le souligner hier soir, ici même en France, lors du lancement d'une importante promotion de produits québécois par le Groupe E. Leclerc. Plus de 27 entreprises québécoises incluant des entreprises autochtones, verront leurs produits distribués en France, dans six magasins Leclerc de la région parisienne. Vous pourrez donc être à même de constater la qualité des produits amérindiens du Québec.

Le tourisme

Ce développement, dans les divers secteurs artistiques, de même que l'apparition de nouveaux équipements culturels en milieu autochtone, tout cela vient soutenir une nouvelle industrie en pleine expansion, le tourisme. Jumelé au domaine de la pourvoirie de chasse et de pêche, le tourisme est en voie de devenir un secteur économique de pointe pour les Amérindiens et les Inuits du Québec.

Le gouvernement du Québec et les Autochtones

J'aimerais maintenant vous rappeler quelques faits marquants relatifs aux relations du gouvernement du Québec avec les Autochtones. Il importe de savoir que le gouvernement québécois est le seul au Canada à avoir reconnu officiellement les nations autochtones et ce, par une résolution de l'Assemblée nationale, en 1985, sur proposition de René Lévesque, le premier ministre d'alors. C'est ce même gouvernement qui, en 1983, avait invité les chefs amérindiens et les leaders inuits à venir s'adresser à l'Assemblée nationale, pour la première fois dans l'histoire du Québec.

Par cette résolution, l'Assemblée nationale reconnaît également l'importance de préciser les droits des Autochtones et d'établir avec eux des rapports harmonieux fondés sur le respect et la confiance mutuelle. De plus, cette résolution appuyait la poursuite des négociations avec les Autochtones en se fondant sur les 15 principes qui, depuis 1983, constituent toujours la base des actions du Québec en matière autochtone.

Les grands thèmes énoncés dans les 15 principes concernent, entre autres, la spécificité des Autochtones que le gouvernement du Québec reconnaît comme « des nations distinctes qui ont droit à leur culture, à leur langue, à leurs coutumes et traditions ainsi que le droit d'orienter elles-mêmes le développement de cette identité propre ».

Le développement économique

En matière de développement économique, les Autochtones ont fait un grand bout de chemin dans la dernière décennie. Ils sont de plus en plus présents au sein des instances socio-économiques régionales comme les conseils régionaux de développement que l'on trouve dans chacune des 17 régions du Québec. Cette présence est particulièrement marquée au Conseil régional de la région Nord-du-Québec, constitué de représentants des Cris, des Inuits et des autres résidants de la région. Il en est de même du Fonds régional de solidarité Nord-du-Québec mis sur pied en avril dernier, un fonds de capital de risque auquel le gouvernement du Québec contribue et qui est utilisé pour aider au démarrage ou au redressement d'entreprises autochtones et non autochtones.

Le gouvernement du Québec a tenu un important Sommet sur l'économie et l'emploi, en octobre de l'année dernière. Plusieurs représentants amérindiens et inuits y ont participé. Trois des projets de développement économique qu'ils y ont présentés ont été approuvés et sont maintenant en voie de réalisation. Il s'agit d'un projet d'élevage de la perchaude par les Mohawks d'Akwesasne, de la création d'un site Internet autochtone et de la construction d'une usine de bois d'œuvre chez les Attikameks d'Obedjiwan.

Par ailleurs, une autre voie dans laquelle s'engagent de plus en plus d'Autochtones du Québec est celle du partenariat d'affaires. On en a eu de nombreux exemples récemment. Ainsi, la construction de l'usine d'Obedjiwan dont je viens de parler se fait en association avec une compagnie forestière québécoise.

On a vu également les Cris de Waswanipi et la compagnie forestière Domtar ratifier un accord de partenariat, en août 1996, pour la construction d'une scierie dans la communauté crie. Pour ce faire, ils ont constitué une société dont la participation crie est de 55 % et celle de Domtar de 45 %.

Pour leur part, les Montagnais de Matimekosh se sont mis en partenariat avec la compagnie minière Noranda afin de favoriser une plus grande mise en valeur du potentiel minier de la Côte-Nord du Saint-Laurent et permettre une plus grande participation des Montagnais au développement minier.

Dans ce même domaine économique, les Inuits ont signé une entente avec la compagnie minière multinationale Falconbridge pour l'exploration et l'exploitation d'un important gisement de nickel au Nunavik. Les Inuits ont la priorité d'emploi sur le site Raglan et bénéficieront de retombées économiques très appréciables.

La justice

En matière de justice pour les Autochtones, le Québec a également une longueud'avance sur les autres gouvernements au Canada. À la suite d'un Sommet de la justice tenu en 1992 et auquel plusieurs représentants autochtones ont participé, le ministre de la Justice du Québec a mis sur pied un Comité de consultation sur l'administration de la justice en milieu autochtone. Celui-ci a remis son rapport en 1995. Plus de 20 recommandations du comité sont actuellement mises en œuvre par le ministère de la Justice du Québec. Parmi les mesures déjà mises en place, on peut citer la nomination de trois juges de paix inuits et la formation de comités de justice dans certains villages inuits, ainsi que l'ouverture d'un bureau d'aide juridique au Nunavik. Les femmes autochtones auront un grand rôle à jouer dans l'élaboration de nouveaux modèles de justice pour les Autochtones.

Conclusion

Dans toutes les sphères relevant de la compétence du Québec, des progrès significatifs ont été accomplis depuis une décennie. Il reste encore beaucoup à faire pour que les Amérindiens et les Inuits puissent participer pleinement au développement du Québec et en bénéficier. Mais c'est un objectif que nous poursuivons sans relâche avec la collaboration des Autochtones eux-mêmes.

Cette exposition sur le Québec des premières nations va contribuer grandement à mieux faire connaître et apprécier la richesse et l'originalité des cultures autochtones du Québec. Nous ne pouvons que nous en réjouir et souhaiter que le plus grand nombre de visiteurs possible puissent en bénéficier. »

-30-

Signature gouvernementale
Secrétariat aux affaires autochtones
905, avenue Honoré-Mercier, 1er étage - Québec (Qc)  G1R 5M6 - 418 643-3166
Dernière mise à jour :
Mise en ligne :