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Secrétariat aux affaires autochtones

Discours de la ministre Élizabeth Larouche en réaction au discours d'ouverture

6 novembre 2012

(La version prononcée fait foi.)

Merci Madame la Présidente.

J’aimerais, d’entrée de jeu, saluer et remercier les citoyennes et citoyens de la circonscription d’Abitibi-Est.  Je suis fière de les représenter à l’Assemblée nationale. Ils m’ont donné la chance de porter leurs voix dans cette enceinte afin, comme le dit si bien notre première ministre, de « bâtir un Québec pour tous ».

Durant la dernière campagne électorale, j’ai été épaulé par des dizaines de bénévoles : des personnes de tout âge provenant de tous les horizons : militants, amis de longue date, anciens collègues, membres de ma famille. À tous ceux et celles qui m’ont appuyée, je tiens à souligner combien j’apprécie votre dévouement et l’ardeur que vous avez mis au travail. En retour, je vous promets de donner le meilleur de moi-même en tant que députée et ministre déléguée aux Affaires autochtones. J’aimerais également souligner que mon élection et celle de mon parti au gouvernement marquent un pas en avant pour les femmes du Québec. Non seulement nous sommes dirigés par une première ministre, mais je suis aussi la première femme représentant la circonscription d’Abitibi-Est ainsi que la première femme à être ministre déléguée aux Affaires autochtones.

Madame la Présidente, avant d’aborder le volet autochtone du discours d’ouverture de la première ministre, j’aimerais attirer votre attention sur le fait que ce discours traite également de plusieurs priorités concernant notre belle région, l’Abitibi-Témiscaminque.

Ceux qui me connaissent le savent, je suis très sensible aux questions qui touchent la santé et le bien-être des gens. L’ajout de professionnels de la santé dans les groupes de médecine familiale permettra de répondre de façon plus efficiente aux besoins de la population, en garantissant un accès plus rapide aux services de première ligne.

Une autre priorité de mon gouvernement, qui est étroitement liée aux enjeux socioéconomiques de ma région, est l’augmentation du nombre de places dans les centres de la petite enfance. La circonscription d’Abitibi-Est connait actuellement une hausse de la natalité, cette politique soulagera les familles et augmentera la présence des femmes sur le marché du travail. 

De plus, vous le savez sans doute, une importante crise du logement persiste en Abitibi-Témiscaminque. Ce manque a des conséquences néfastes sur le développement économique de ma région. Bien que cette crise touche l’ensemble de la population, les moins fortunés sont particulièrement affectés par la situation. Il est inacceptable qu’un travailleur ou un étudiant souhaitant s’installer dans la région soit freiné par l’impossibilité de se loger. Notre gouvernement augmentera de façon substantielle le nombre de logements sociaux et stimulera la construction de logements locatifs. Comme le disait la première ministre, avoir un logement décent à un coût raisonnable constitue un besoin fondamental.

Pour conclure sur les enjeux concernant ma circonscription, j’aimerais dire un mot sur nos ressources naturelles, qui sont si chères aux yeux de la population que je représente. Ces ressources sont un moteur économique formidable pour  la région abitibienne. Mon gouvernement est évidemment favorable à leur exploitation, pour autant qu’elle respecte les règles les plus fondamentales du développement durable. Également, les gens de ma région sont particulièrement attentifs au développement du Nord. Je m’assurerai, tout au long de mon mandat, que notre vision d’un nord pour tous soit effective en Abitibi-Est et que les retombées permettent l’essor de notre économie.

Madame la Présidente, le 19 septembre dernier, la première ministre m’a fait l’honneur de me confier la tâche de ministre déléguée aux Affaires autochtones. C’est avec beaucoup d’humilité et de conviction que j’ai accepté ce mandat et que je tenterai, au meilleur de moi-même, d’être à la hauteur des attentes. Sous la direction de la première ministre, je m’assurerai que les relations entre les communautés autochtones et le gouvernement du Québec se hissent au seul niveau possible : celui de nation à nation.

La première ministre a rapidement affiché nos couleurs à l’occasion de son discours d’ouverture. Elle a notamment confirmé sa participation au Sommet sur les territoires et les ressources organisé par l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Ce sommet sera l’occasion de poser les jalons d’une nouvelle relation entre notre gouvernement et les Autochtones du Québec. En tant que ministre déléguée, je participerai également à ce rendez-vous durant lequel nous discuterons de sujets névralgiques pour l’avenir de nos nations, c’est-à-dire le territoire que nous partageons et l’exploitation de nos ressources naturelles. Il en va de la responsabilité partagée du gouvernement et des Premières Nations de trouver des solutions durables à ces questions litigieuses. Ainsi, nous renforcerons le développement socioéconomique des communautés autochtones, et ce, en harmonie avec les communautés voisines.

Hier après-midi, j’ai eu une rencontre avec le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, M. Ghislain Picard, au cours de laquelle nous avons discuté des modalités de ce sommet et évalué les retombées éventuelles de cet évènement.

Quatre thèmes principaux devraient faire l’objet de discussions lors du sommet : le partage des bénéfices issus de l’exploitation des richesses naturelles, la conservation et la gestion du territoire, ainsi que la consultation et l’accommodement.

Ce qui nous importe, à tous, c’est que ce sommet ne soit pas un coup d’épée dans l’eau. Si nous y investissons tant d’énergie, c’est pour nous assurer qu’un impact concret et positif émergera de nos discussions.

Par ailleurs, la première ministre a annoncé un autre rendez-vous lors du discours d’ouverture :  une rencontre entre elle et le grand chef du Grand Conseil des Cris, M. Matthew Coon Come. Rappelons que le 24 juillet 2012, le gouvernement du Québec et les Cris ont signé l’Entente sur la gouvernance dans le territoire d’Eeyou Istchee Baie-James. Bien que les signatures soient apposées sur le document, un défi de taille nous attend. Nous devrons en assurer une mise en œuvre efficiente. Ainsi, les Cris et les Jamésiens pourront exercer de plus grandes responsabilités au plan de la gouvernance régionale. Nous négocierons également une convention complémentaire qui fera partie intégrante du grand traité qu’est la Convention de la Baie-James et du Nord québécois. Je reviendrai donc, chers collègues législateurs, solliciter le consentement de cette Assemblée pour garantir un développement stable, durable et prospère de ces communautés. Nous savons bien que la négociation et la signature d’ententes inclusives sont un gage d’harmonie et de développement socioéconomique pour tous.

Outre ces rendez-vous incontournables, le renforcement de notre relation avec les nations autochtones, l’emploi, les femmes et le rayonnement de la culture sont parmi les priorités que je fais miennes. 

Nous redoublerons d’ardeur afin de régler certains litiges qui divisent et enlisent nos nations depuis trop longtemps. Qu’il s’agisse des Abénaquis, des Anishnabe, des Attikameks, des Cris, des Hurons-Wendats, des Innus, des Malécites, des Micmacs, des Mohawks, des Naskapis ou des Inuits, aucune communauté ne se retrouvera devant une porte close. Plusieurs tables de négociation sont actuellement à l’œuvre pour définir des terrains d’entente mutuellement bénéfiques.

L’emploi sera également au rang de mes priorités. Je viens d’une région où se côtoient quotidiennement Allochtones et Autochtones, je suis bien consciente que l’intégration de ces derniers au marché du travail est loin d’être optimale. Il est parfois difficile pour les Autochtones d’avoir accès aux mesures d’employabilité.  Notre gouvernement devra trouver des solutions pour s’assurer du recrutement et du développement des compétences des Autochtones. 

Ces mesures sont d’autant plus nécessaires que nous sommes confrontés, dans plusieurs régions du Québec, à une pénurie de main-d'œuvre. Les communautés autochtones constituent une force de travail qui ne demande qu’à être utilisée.  Les jeunes de moins de 30 ans représentent 50 % de la population autochtone. Croire à leur potentiel, c’est aussi investir pour le développement économique et la richesse du Québec. Pour relever ce défi, nous désirons favoriser leur intégration au marché du travail, notamment grâce à des partenariats avec les acteurs du milieu, l’établissement de centres de la petite enfance et la mise en place de programmes de formation adaptés. Des dialogues doivent impérativement être entamés et poursuivis entre les différents ministères concernés afin de favoriser la mise en place de solutions, pour que tous en sortent gagnants.

D’autre part, les femmes autochtones du Québec jouent un rôle essentiel dans le mieux-être de leur famille et de leur communauté. Elles sont toutefois confrontées à des réalités sociales et économiques difficiles. Nul doute que la nécessité, pour les femmes autochtones, d’avoir accès à l’ensemble des programmes et services dont elles ont besoin demeure un enjeu majeur pour notre gouvernement. Afin de donner le pas, je rencontrerai prochainement les femmes autochtones élues ainsi que la présidente de l’Association des femmes autochtones du Québec pour évaluer comment l’apport des femmes peut être mieux valorisé, et ce, dans le respect de la gouvernance des communautés.

Les communautés autochtones renferment une culture riche et unique. Leurs langues, leurs artistes, leurs auteurs, leurs chansons, leurs peintures sont des véhicules privilégiés de rapprochement entre nos nations. C’est pourquoi le rayonnement culturel fera partie des mes priorités.                                            

J’aimerais également souligner le travail des cadres, des professionnels et de l’ensemble des employés du Secrétariat aux affaires autochtones. Dès mon arrivée, j’ai eu la chance d’échanger avec eux à propos de leurs idées et de leurs réflexions. À la lecture de leurs notes, de leurs analyses et de leurs recommandations, j’ai déjà été en mesure d’apprécier leur rigueur et la valeur de leur expertise.

Vous le savez, les dossiers autochtones peuvent être complexes et délicats. Les problématiques sur lesquelles nous nous penchons au Secrétariat entremêlent passé et futur, traditions et modernité, conservation et développement, le tout enchâssé dans une histoire commune et un territoire immense. L’expertise d’une fonction publique dévouée, rigoureuse et créative est donc indispensable. Je peux vous assurer qu’ils ont à cœur l’établissement de relations harmonieuses entre la nation québécoise et l’ensemble des communautés autochtones. C’est donc un privilège pour moi d’être soutenue par cette équipe.

J’aimerais conclure simplement en vous disant ceci : les raisons qui nous poussent à accepter ce genre de mandat doivent être sincères. J’ai commencé ma vie politique à titre de conseillère pour la municipalité de Val-Senneville en Abitibi. Fière de mes racines, j’ai fait le saut en politique provinciale tout en conservant mes valeurs et mes convictions. Je les ai retrouvées dans les idées défendues par le Parti Québécois. À mon avis, une société se dépeint par sa culture, son identité, sa langue, son intégrité, sa justice sociale : tous ces aspects se conjuguent et façonnent qui nous sommes. Ce gouvernement dirigé par une chef rassembleuse propose un idéal qui me ressemble. Un idéal où le Québec serait une social-démocratie indépendante, juste et équitable, fière de sa culture et de ses ambitions. Cet idéal m’interpelle et me rappelle, à chaque instant, à quel point je suis fière d’être Québécoise.

Merci Madame la Présidente.

Signature gouvernementale
Secrétariat aux affaires autochtones
905, avenue Honoré-Mercier, 1er étage - Québec (Qc)  G1R 5M6 - 418 643-3166
Mise en ligne : 12 novembre 2012