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Secrétariat aux affaires autochtones

Discours de la ministre Élizabeth Larouche à l'occasion du colloque Dialogue pour la vie 2012 de l'Association Prévention Suicide Premières Nations et Inuits du Québec et du Labrador

27 novembre 2012

(La version prononcée fait foi.)

Madame la Directrice générale,
Mesdames les Présidentes de l’Association Prévention Suicide Premières Nations et Inuits du Québec et du Labrador,
Monsieur le Chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador,
Chers intervenants du domaine de la santé et des services sociaux,
Chers participants,

Bonjour,

J’aimerais tout d’abord remercier l’Association Prévention Suicide Premières Nations et Inuits du Québec et du Labrador de m’avoir invitée à cette 10e édition du colloque Dialogue pour la vie.

Le suicide est une question délicate à aborder. Malheureusement, et trop souvent, on évite le sujet, et ce, pour toutes sortes de raisons. On pense encore, à tort, qu’ébruiter une histoire tragique ayant mené au suicide peut provoquer un effet d’entraînement. Pourtant, les experts sont nombreux à penser que les personnes suicidaires sont ouvertes au dialogue et que la discussion peut permettre d’éviter le pire. Parler peut faire toute la différence!

Il est difficile de dresser un portrait précis du suicide au Québec. Par contre, les chiffres nous apprennent que chez les jeunes, la situation est alarmante. Le suicide serait la deuxième cause de mortalité chez les moins de 30 ans.

Les données exactes sur le suicide en milieu autochtone sont encore plus rares. Cependant, nous savons que les risques y sont plus élevés que dans le reste de la population. Le taux de suicide chez les jeunes des Premières Nations serait de cinq à sept fois plus élevé que chez les jeunes allochtones. Et chez les Inuits, ce taux est onze fois plus élevé.

Selon les résultats de l’Enquête régionale sur la santé des premières nations du Québec, qui ont été rendus publics le 21 novembre dernier par la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador, 19 % des adolescents autochtones ont déjà eu des pensées suicidaires. Chez les adultes de plus de 18 ans, ce pourcentage grimpe à 26 %.

La question que nous devons tous nous poser : pourquoi? Pourquoi passer à l’acte?

Il ne semble pas exister d’explications rationnelles satisfaisantes. Bien sûr, le phénomène peut être attribuable à plusieurs facteurs tels que la violence familiale, les traumatismes, l’isolement, les troubles de santé, pour ne nommer que ceux-ci. Mais ces facteurs ne constituent qu’une partie de l’explication. Le seul dénominateur commun entre les personnes suicidaires, c’est la souffrance.

Si la compréhension du phénomène n’est que partielle, qu’en est-il des solutions?

Penser mettre en application une approche unique et efficace pour contrer ce fléau au sein des populations autochtones serait utopique. L’étendue du territoire, la diversité des cultures et les réalités communautaires tout aussi complexes que singulières rendent le défi imposant pour les intervenants.

Pour ces personnes dévouées et courageuses, il ne s’agit pas d’un métier mais d’une vocation. Leur empathie et leur écoute demeurent leur outil de prédilection. Ces intervenants méritent toute notre admiration.

L’Association Prévention Suicide Premières Nations et Inuits du Québec et du Labrador joue un rôle capital dans la formation des intervenants auprès des personnes suicidaires et pour cette raison, je lui lève également mon chapeau.

J’aimerais aussi souligner les réalisations et la diversité des interventions de l’Association auprès des communautés. Mise à part la formation, l’Association crée des réseaux d’entraide et de soutien pour les intervenants. Elle rassemble des gens préoccupés par la question et elle favorise le développement des connaissances ayant trait aux modes d’intervention. C’est donc grâce à toutes ces actions concrètes que l’Association nous permet de croire en un avenir meilleur.

Le Secrétariat aux affaires autochtones accorde une grande importance à la prévention du suicide chez les Premières Nations et les Inuits, et au soutien des communautés en situation de crise.

Nous croyons à la mission de l’Association et aux résultats qu’elle apporte. C’est pourquoi nous la soutenons depuis plusieurs années avec l’aide de nos partenaires.

D’ailleurs, le Secrétariat vient tout juste de renouveler son soutien à l’organisme, par l’entremise du volet action communautaire du Fonds d’initiatives autochtones II. Afin de soutenir cette cause,  une somme globale de 525 000 $ a été réservée pour les cinq prochaines années.

Chers intervenants du domaine de la santé et des services sociaux, chers membres des communautés, chers participants, je souhaite de tout cœur que cet événement vous apporte réconfort, espoir ainsi que des outils pour continuer d’avancer et de soutenir vos proches, vos amis, vos voisins, votre communauté.

Je l’ai dit et je le répète : le dialogue et la prévention sont les clés pour éviter que les gens optent pour cette triste solution.

À vous, les intervenants dans les communautés, je dis : vous accomplissez un travail magistral, celui de sauver des vies. Vous avez mon entière admiration.

Je vous souhaite un excellent colloque.

Signature gouvernementale
Secrétariat aux affaires autochtones
905, avenue Honoré-Mercier, 1er étage - Québec (Qc)  G1R 5M6 - 418 643-3166
Online as of: December 5, 2012